L'aide judiciaire en Tunisie : un avocat et des frais pris en charge
Thème : Guide pratique
Ce qu'est l'aide judiciaire, qui peut la demander, où déposer la demande et quel dossier préparer : le guide pour défendre ses droits sans moyens suffisants.
Le manque de moyens ne doit priver personne de la possibilité de défendre ses droits en justice. C'est l'objet de l'aide judiciaire (i'ana adliya) : permettre à ceux qui ne peuvent pas supporter les frais d'un procès d'en obtenir la prise en charge par l'État. Qu'est-ce que l'aide judiciaire ? L'aide judiciaire est la prise en charge par l'État, totale ou partielle, des frais d'une procédure. Elle couvre généralement : les honoraires de l'avocat désigné pour défendre le bénéficiaire, notamment dans les affaires où la loi impose un avocat ; les frais d'huissier de justice pour les significations et l'exécution ; les frais d'expertise lorsqu'un expert est désigné, les frais des annonces à publier légalement au Journal officiel et les autres frais autorisés par le tribunal ; l'exonération totale ou partielle des droits d'enregistrement et de timbre. Le bénéficiaire n'a donc pas à avancer ces frais, dans la limite de ce qui lui est accordé. Qui peut la demander ? L'aide judiciaire s'adresse aux personnes physiques, tunisiennes résidentes ou non, qui n'ont pas de revenu ou dont le revenu fixe est trop limité pour couvrir les frais du procès ou de l'exécution, qu'elles soient demanderesses ou défenderesses. Le bureau qui examine la demande tient compte : de la situation matérielle et sociale du demandeur ; du sérieux de l'action : en matière civile, la demande doit paraître fondée, l'aide n'étant pas accordée pour une action manifestement vouée à l'échec. Un étranger peut en bénéficier lorsque la justice tunisienne est compétente et qu'une convention judiciaire le prévoit, sous réserve de réciprocité. Les personnes morales à but non lucratif ayant leur siège en Tunisie peuvent aussi en bénéficier. En matière civile comme en matière pénale En matière civile, l'aide judiciaire peut être accordée à chaque stade de l'affaire, ainsi que pour l'exécution des jugements et l'exercice des voies de recours. Elle couvre notamment les affaires de travail, de pension alimentaire et de sécurité sociale, et elle est accordée d'office dans les affaires de réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles. En matière pénale, elle est accordée à la partie civile et au demandeur en révision, au prévenu d'un délit puni d'au moins trois ans d'emprisonnement s'il n'est pas en état de récidive légale, ainsi que dans les affaires criminelles portées en cassation. Devant la juridiction qui juge les crimes, l'assistance d'un avocat est obligatoire : si l'accusé n'en choisit pas, le président lui en désigne un d'office, mécanisme complémentaire de l'aide judiciaire. Où et comment déposer la demande ? La demande est déposée auprès du bureau d'aide judiciaire établi dans chaque tribunal de première instance, qui instruit le dossier et l'accepte ou le rejette. Présidé par le procureur de la République ou l'un de ses substituts, il comprend un représentant du ministère des Finances et un avocat, et se réunit en principe une fois par mois. En cas d'extrême urgence, son président peut accorder l'aide à titre provisoire, et l'aide est accordée immédiatement dans les affaires de pension alimentaire et de travail. Mieux vaut présenter la demande le plus tôt possible, avant d'engager l'action ou à son début. Le dossier comprend en général : une demande sur papier libre indiquant l'identité complète du demandeur, sa situation familiale et l'objet du litige ; une copie de la carte d'identité nationale, ou du passeport et de la carte de séjour pour les étrangers ; la preuve de l'absence ou de la faiblesse des revenus, par exemple un certificat d'indigence délivré par l'omda du lieu de résidence et, pour un salarié, une attestation de salaire de l'employeur ; les pièces de l'affaire : contrats, jugements, convocations, correspondances. La liste exacte des pièces est disponible au greffe du tribunal : n'hésitez pas à la demander. Après l'acceptation Si la demande est acceptée, un avocat est désigné pour vous défendre. Contactez-le rapidement, remettez-lui toutes vos pièces et informez-le de chaque convocation ou notification reçue. Votre relation avec lui est celle de tout client avec son avocat : il est tenu au secret professionnel et doit défendre vos intérêts. Le bureau peut toutefois revenir sur sa décision si le bénéficiaire obtient des revenus suffisants pour faire face au litige, ou s'il a obtenu l'aide en dissimulant volontairement ses revenus ; il peut aussi transformer une aide totale en aide partielle. Une décision de rejet doit être motivée, et une nouvelle demande est possible si une preuve nouvelle établit le sérieux de la demande. Quand consulter un avocat ? Si votre affaire est urgente ou qu'un délai de recours approche, n'attendez pas : renseignez-vous au greffe sur l'aide judiciaire, et consultez au besoin un avocat qui vous éclairera sur vos chances et sur la manière de présenter la demande. L'annuaire du site recense, par ville, des avocats inscrits à l'ONAT. Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un avocat qui étudie votre situation personnelle.
Sources
- الإعانة العدلية وزارة العدل – الجمهورية التونسية
- دليل إجراءات المحكمة الإبتدائية وزارة العدل – الجمهورية التونسية
- Code de procédure pénale (loi n° 68-23 du 24 juillet 1968, texte mis à jour) Police and Human Rights Resources (Amnesty International Pays-Bas)
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