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Pension alimentaire et garde des enfants après la séparation

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Thème : Droit de la famille

Obligation alimentaire envers les enfants, garde fixée dans l'intérêt de l'enfant, droit de visite et recours en cas de pension impayée en Tunisie.

La fin du couple ne met pas fin aux obligations des parents envers leurs enfants. Le Code du statut personnel encadre la pension alimentaire (nafaqa) et la garde (hadhana) avec un objectif constant : protéger l'enfant et préserver sa stabilité. La pension alimentaire due aux enfants La pension couvre les besoins de l'enfant : nourriture, habillement, logement, scolarité, soins, et plus largement ce qui est considéré comme nécessaire selon l'usage. En principe, c'est le père qui en est débiteur, et cette obligation subsiste après le divorce. En cas d'indigence du père, la mère est appelée avant le grand-père à pourvoir aux besoins de ses enfants. Le juge fixe le montant en fonction des besoins de l'enfant, des ressources du débiteur et du coût de la vie. La pension est due jusqu'à la majorité et, au-delà, jusqu'à la fin des études, tant que l'enfant ne dépasse pas vingt-cinq ans. La fille y a droit tant qu'elle ne dispose pas de ressources ou n'est pas à la charge de son mari, et l'enfant handicapé incapable de gagner sa vie y a droit quel que soit son âge. Le montant peut être révisé, à la hausse ou à la baisse, si la situation change. Et l'ex-conjoint ? Pendant le mariage, le mari doit pourvoir à l'entretien de son épouse. Après le divorce, cet entretien reste dû pendant le délai de viduité, puis cesse. Dans certains cas de divorce, le tribunal statue toutefois sur la réparation du préjudice matériel et moral : pour l'ex-épouse, le préjudice matériel est réparé sous forme d'une rente versée mensuellement après le délai de viduité, fixée en fonction du niveau de vie auquel elle était habituée, logement compris. Cette rente est révisable et cesse notamment au décès de la divorcée, à son remariage ou lorsqu'elle n'en a plus besoin. Ses conditions dépendent du cas de divorce et de la situation de chacun : à examiner avec un avocat. La garde, dans l'intérêt de l'enfant La garde désigne la prise en charge quotidienne de l'enfant : son hébergement, son éducation, sa santé. En cas de divorce, elle est confiée à l'un des parents ou, exceptionnellement, à un tiers, le critère déterminant restant toujours l'intérêt de l'enfant. Le juge tient compte de l'âge de l'enfant, de sa stabilité et de la capacité de chaque parent à lui offrir un cadre sain. La garde se distingue de la tutelle (wilaya), qui concerne la gestion des affaires juridiques et administratives de l'enfant. Toutefois, lorsque la garde est confiée à la mère, celle-ci jouit des prérogatives de la tutelle pour les voyages de l'enfant, ses études et la gestion de ses comptes financiers. Le parent non gardien bénéficie d'un droit de visite et d'hébergement, dont le juge fixe les modalités à défaut d'accord. Le déménagement de l'enfant ou un voyage à l'étranger sont des sources fréquentes de conflit : mieux vaut les soumettre au juge ou les régler par un accord précis. Le rôle du juge de la famille Pendant l'instance en divorce, le juge de la famille ordonne des mesures provisoires sur la pension, la garde et le droit de visite ; le jugement de divorce statue ensuite définitivement. En dehors d'un divorce, la demande de pension ou de révision est portée en principe devant le juge cantonal, au choix du demandeur celui de son domicile ou celui du défendeur. L'avocat n'y est pas obligatoire, et l'aide judiciaire est possible en matière de pension alimentaire. Pensez à justifier les revenus des parties et les besoins de l'enfant : frais de scolarité, frais médicaux, fiches de paie. Que faire si la pension n'est pas payée ? Le jugement qui fixe la pension est un titre exécutoire, et l'appel n'en suspend pas l'exécution. Face à un débiteur qui ne paie pas, plusieurs recours existent : L'exécution par huissier de justice : le jugement est signifié au débiteur, qui est sommé de payer, et peut être exécuté sur ses biens. La saisie sur salaire : si le débiteur est salarié ou fonctionnaire, une saisie de son salaire peut être demandée au tribunal cantonal ; la pension est alors prélevée directement. La voie pénale : la personne condamnée à payer une pension ou une rente de divorce qui reste volontairement un mois sans payer commet une infraction ; le bénéficiaire peut porter plainte auprès du procureur de la République. Le paiement arrête les poursuites, le procès ou l'exécution de la peine. Le Fonds de garantie de la pension alimentaire et de la rente de divorce : dans les conditions fixées par la loi qui l'a créé, il verse la pension ou la rente fixée par un jugement définitif au profit des femmes divorcées et de leurs enfants lorsque le débiteur fait obstacle au paiement, puis se retourne contre lui. Conservez le jugement et toute preuve du non-paiement : ils serviront de base à chaque démarche. Quand consulter un avocat ? Consultez un avocat avant d'engager la procédure, ou dès qu'un jugement vous paraît inadapté, car les voies de recours sont enfermées dans des délais. Il vous aidera à évaluer une pension raisonnable, à constituer le dossier de garde et à choisir la voie d'exécution la plus efficace. L'annuaire du site recense, par ville, des avocats inscrits à l'ONAT. Cet article donne des informations générales et ne remplace pas l'avis d'un avocat qui étudie votre situation personnelle.

Sources

  1. النفقة وزارة العدل – الجمهورية التونسية
  2. جراية الطلاق وزارة العدل – الجمهورية التونسية
  3. Code du Statut Personnel – Livre IV. De l'obligation alimentaire Jurisite Tunisie
  4. Code du Statut Personnel – Livre V. La garde Jurisite Tunisie
  5. Code du Statut Personnel – Livre II. Du divorce Jurisite Tunisie
  6. استخلاص الديون عن طريق العقلة على الأجور والمرتبات والإحالة على المرتب وزارة العدل – الجمهورية التونسية

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